Famille chrétienneDans les jeunes couples, l’enfant peut devenir assez tôt une source de conflits. Je noterai deux cas : soit parce que les époux ne s’accordent pas sur le modèle éducatif à donner à l’enfant (l’un estime par exemple que l’autre « gatte trop » l’enfant) ; soit parce que l’enfant vient bousculer une relation amoureuse et affective jusque-là « à deux », ce qui parfois joue jusqu’à l’intimité du couple. Je vais développer brièvement ce deuxième cas.

Lorsque les premiers enfants naissent, il arrive souvent que le conjoint (la mère en général, mais le père aussi dans quelques cas), déplace presque complètement son attention sur l’enfant. Il se produit ce qu’on appelle un « déplacement affectif », de son époux (se) vers cet enfant. L’autre conjoint va alors se sentir exclu de la nouvelle relation, voire même délaissée (c’est une réalité que peu d’époux acceptent d’exprimer à leurs femmes, parce qu’ils vont se sentir mal jugés !). Lui aussi tentera à son tour un autre déplacement, par exemple vers son travail ou même ses amis, etc. D’où la distance qui commence à se creuser entre les deux, sans parfois qu’ils se rendent compte ou admettent que l’enfant a été implicitement l’élément déclencheur.

Pour éviter ce type de problèmes, une des clés est que l’enfant doit venir comme un projet du couple, assumée dès le départ « à deux ». Qu’est que cela implique concrètement : il faudrait un investissement commun sur l’enfant dès la grossesse. Le père en particulier doit se montrer présent dans la grossesse de son épouse (par exemple l’accompagner autant de fois possible dans ses examens prénataux, etc.). Et quand l’enfant vient, l’investissement doit aussi être commun, le père acceptant certaines tâches concernant l’enfant, par exemple le laver, le bercer, etc. Il va également de soi que l’enfant ne devrait pas faire l’objet d’un amour à part, déconnecté de celui que ses parents se portent.