40376927 538783693226426 5918600719279063040 n(Notre point de vue à cette question posée par un participant à la « Récollection des fiancés »)

Je fais partie de ceux qui ne font pas de fixation sur la différence d’âge, du moment où c’est deux adultes liés par un amour sincère, désintéressé. Cependant, cet élément de sincérité implique qu'il faudrait se prononcer au cas par cas, en tenant compte de trois aspects qui me semblent essentiels dans ce discernement au cas par cas. Avant de les énumérer je signale que je ne tiens pas compte du regard social, ce n’est pas le plus décisif si des gens s’aiment réellement et ont la volonté de s’établir dans un projet de vie.

Premièrement, il y a le cas où la différence d’âge pose un problème moral : si elle est telle qu’elle fonde le mariage sur l’emprise psychologique de l’un par rapport à l’autre (une personne très âgée et un ou une jeune par exemple) - Notons cependant que les emprises psychologiques dans le mariage peuvent se produire même sans différence d’âge importante, bien que celle-ci la favorise naturellement.

 

Deuxièmement, Il est aussi évident que des différences d’âge, si elles sont importantes (*) peuvent poser des problèmes spécifiques de type générationnel (goûts…). Mais ceux-ci ne sont pas insurmontables, car ils sont aussi comme d’autres différences (religion, race, tribu, éducation, etc.) qui peuvent être surmontées par un effort de tolérance et d’acceptation mutuelle.

Troisièmement, il faudrait être attentif à l’aspect psychologique avec deux cas qui peuvent se présenter :
(1) dans certains cas le besoin d’aller vers un homme ou une femme beaucoup plus âgée peut traduire des faiblesses liées à notre histoire personnelle ou affective (on recherche inconsciemment son père ou sa mère dans le conjoint âgée). Le problème ici est que cette personne âgée vers laquelle on va avec cette attente, elle pourtant, ne nous verra pas comme tel, c’est-à-dire comme son enfant qu’il ou qu’elle va accueillir. Il ou elle ne vous épouse pas pour jouer un rôle de père ou de mère tel que vous l’attendez. Il y a donc le risque de ne pas réaliser cette attente inconsciente de paternité ou de maternité qu’on projette sur le conjoint ; d’où un rapide désenchantement.
(2) Mais toujours dans cette sphère psychologique, le besoin d’aller vers un ou une plus âgée que soi pourrait aussi traduire une maturité précoce (celle-ci n’est pas strictement liée à l’âge biologique. Vous pouvez avoir un jeune de 25 ans mature et capable d’assumer des charges conjugales et familiales et un homme de 45 ans totalement immature !). Dans ce cas, selon mon opinion, la différence d’âge ne devrait pas décourager une telle union.

Je soulignerai néanmoins un dernier aspect : biologique (impact sur la procréation surtout dans le cas de la femme) : la question se poserait de savoir si dans ce cas, l’homme moins âgé peut en faire l’impasse. Est-ce qu’il en a conscience et l’accepte tout en envisageant des solutions alternatives comme l’adoption ? La réponse à cette question dépend de chacun, mais ce qui est important c’est de ne pas l’évacuer ; il faut l’affronter avant même de s’engager.

En définitive, je pense qu’il ne faut pas systématiquement s’opposer à ces mariages avec une différence d’âge, que ce soit dans le sens de l’homme ou de la femme. Mais il faut discerner au cas par cas pour voir quelles sont les logiques qui les sous-tendent avant de donner un avis ou des conseils et éventuellement proposer un accompagnement spécifique.

(*) Ce que je situe dans ce cas précis à plus 15 ans, pour des raisons non pas psychologiques, mais d’époque, de culture et donc de références au monde.