amour africain de couples 40213257Beaucoup de couples se délitent parce que très rapidement après leur mariage, ils perdent de vue cette dimension de leur relation qu’on pourrait formuler en des termes simples : « l’attention à l’autre ».

En fait, l’expression première de notre amour pour le conjoint, c’est notre volonté à rester attentif à ce qui, concrètement, l'aide à se réaliser en tant que personne, dans ses goûts, ses valeurs, ses désirs profonds d’épanouissement social et non les nôtres (pour autant que ceux-ci n’entrent pas en conflit avec le couple : il faut des compromis qui tiennent aussi compte du conjoint et des enfants !). Dans notre vie de couple, il nous faudrait constamment nous décentrer de nous-même, sortir de l’égoïsme ou de l’égocentrisme, afin de considérer aussi le sort du conjoint qui est à nos côtés : est-ce qu’il ou qu’elle s’épanouit à mes côtés ? Est-ce qu’au fil des années, je n’ai pas fait de lui ou d’elle le simple serviteur de mes ambitions, de mon épanouissement ? Qu’est ce qui le rend ou la rend heureux (se) ? Suis-je pour lui ou pour elle une source de réalisation personnelle, ou pour mieux le dire, "une aide qui lui soit assortie" (Gn 2,18) ?

L’attention demande souvent bien peu de choses qu’il n’y paraît, mais qui sont fonction du « langage de l’amour » que l’autre comprend le mieux : lui rendre des services, les paroles valorisantes, l’aider dans son projet, parfois la simple présence physique peut suffire. L'amour se réalise dans de petites choses quotidiennes et non dans le fait de décrocher la lune pour la personne aimée.

J’ajouterai cependant quelque chose qui me paraît essentielle : il est illusoire de croire qu’une personne pourrait à elle seule nous donner la plénitude du bonheur. La conception moderne romanesque de l’amour pousse beaucoup de jeunes à formuler des attentes excessives, voire irréalistes envers le fiancé, puis le conjoint. Souvent nous lui attribuons tous nos échecs (« c’est à cause de toi que... »). Or, le bonheur n’est pas quelque chose qu’on prend ou qu’on arrache chez un autre. Il est toujours à construire en soi-même, en ajoutant le bien que l’autre et les autres nous font, aussi petit soit ce bien, à notre propre effort de recherche de réalisation personnelle. Notre paix intérieure se construit avant tout en nous, en prenant appui sur notre foi en Jésus-Christ. Lorsque je conseille un conjoint totalement dévasté par sa vie de couple, la première chose à laquelle je le pousse, c’est de l’amener à repartir de lui (elle)-même, à reprendre confiance en soi-même, à se retrouver d’abord comme un individu qui a une dignité que Dieu seul lui a donnée.

Mon expérience d’écoute de nombreux couples m’a amené à réaliser qu’une des graves blessures du mariage aujourd’hui est l’égoïsme, conduit parfois jusqu’à la négation pure et simple du conjoint en tant que personne, qui a de ce fait la même dignité que nous, celle de fils ou fille de Dieu. Voyons en notre époux ou notre épouse, une image de Dieu auprès de nous !